D’où vient l’énergie qui nous fait avancer?

Quand l’envie ne suffit plus

Le réveil sonne.

Certains matins, nous commençons la journée presque sans y penser.

D’autres jours, l’impulsion n’est pas là.

Commencer la journée demande davantage.

Et pourtant, bien souvent, nous finissons par nous mettre en mouvement.

Nous allons travailler. Nous reprenons un projet laissé la veille. Nous accomplissons certaines choses que nous avions décidé de faire, parfois avec enthousiasme, parfois beaucoup moins.

Cette scène ordinaire soulève une question moins simple qu’il n’y paraît.

Qu’est-ce qui prend le relais lorsque l’envie immédiate ne suffit plus ?

Nous parlons volontiers d’« énergie » pour désigner cet élan qui nous met en mouvement.

Mais cette énergie n’est pas une mystérieuse réserve cachée quelque part en nous.

Derrière ce mot très courant se trouvent plusieurs mécanismes : ce que nous avons décidé de faire, les habitudes que nous avons construites, l’importance que nous accordons à une action, notre environnement et parfois les personnes qui nous entourent.

Alors, d’où vient réellement cette énergie qui nous fait avancer ?

Décider ne signifie pas toujours agir

Nous connaissons tous l’écart.

Décider de commencer quelque chose lundi.

Prévoir de reprendre un projet le lendemain.

Se promettre de terminer une tâche dans la journée.

Puis lundi arrive.

Le lendemain aussi.

Et l’intention ne devient pas nécessairement une action.

Les recherches sur le comportement ont depuis longtemps observé cet écart entre ce que nous avons l’intention de faire et ce que nous faisons réellement.

Vouloir accomplir quelque chose ne garantit donc pas que nous l’accomplirons.

Mais une intention n’est pas inutile pour autant.

Lorsqu’une décision est liée à une situation concrète — quand, où ou dans quelles circonstances nous agirons — le passage de l’intention à l’action peut être facilité.

Ce qui nous fait avancer ne tient donc pas toujours à un grand élan.

Parfois, une partie du mouvement a commencé bien avant : au moment où nous avons décidé ce que nous ferions lorsque le moment arriverait.

Quand l’habitude prend une partie du relais

Chaque matin, nous ne réinventons pas entièrement notre journée.

Certains gestes reviennent.

Une heure. Un lieu. Une succession d’actions. Des objets placés au même endroit. Un trajet que nous connaissons.

À force d’être répétés dans des contextes similaires, certains comportements deviennent plus facilement déclenchés par ce qui les entoure.

C’est l’un des rôles des habitudes.

Elles ne nous transforment pas en machines et ne rendent pas nos comportements totalement automatiques.

Mais elles peuvent réduire la nécessité de décider à nouveau, à chaque fois, si nous allons commencer.

C’est une différence importante.

Car si chaque action devait attendre que l’envie parfaite apparaisse, une grande partie de nos journées resterait probablement en suspens.

L’habitude crée une continuité.

Le contexte devient familier.

Et parfois, nous commençons simplement parce que nous avons déjà commencé de cette manière de nombreuses fois auparavant.

Nous faisons aussi ce qui compte pour nous

Mais l’habitude n’explique pas tout.

Certaines choses sont difficiles.

Elles demandent du temps, de l’attention ou des efforts. Elles ne procurent pas nécessairement de plaisir immédiat.

Et pourtant, nous choisissons parfois de les poursuivre.

Pourquoi ?

Parce qu’une action peut compter pour nous sans être agréable à chaque instant.

Terminer un projet auquel nous tenons.

Apprendre quelque chose.

Tenir un engagement.

Construire lentement une activité.

Faire ce qui doit être fait aujourd’hui pour quelque chose dont le résultat n’arrivera que beaucoup plus tard.

Les travaux sur l’autodétermination montrent notamment l’importance de la valeur que nous reconnaissons nous-mêmes à certaines actions.

Nous pouvons ainsi faire quelque chose non parce que chaque étape nous plaît, mais parce que nous comprenons pourquoi nous avons choisi de la faire.

La différence est considérable.

L’envie appartient au moment.

Ce qui compte pour nous peut durer au-delà de ce moment.

Nous n’avançons pas toujours seuls

Il serait pourtant tentant de raconter toute cette histoire comme un face-à-face entre une personne et sa volonté.

Ce serait oublier une grande partie de ce qui nous entoure.

Nous agissons dans des environnements.

Un lieu peut faciliter une habitude ou la compliquer.

Une organisation peut rendre une action plus simple à commencer.

Une contrainte peut nous pousser à agir alors que nous aurions préféré attendre.

Et puis il y a les autres.

Une personne qui nous attend.

Un engagement pris envers quelqu’un.

Une équipe.

Un proche qui encourage.

Quelqu’un qui nous rappelle pourquoi nous avions commencé.

Nos actions ne naissent donc pas toutes d’une décision solitaire.

Une partie de l’énergie qui nous fait avancer peut aussi venir de ce que nous avons construit autour de nous — et avec les autres.

Cela change légèrement la question.

Peut-être ne s’agit-il pas toujours de chercher davantage de force en soi.

Parfois, il s’agit aussi de pouvoir s’appuyer sur quelque chose qui existe déjà autour de soi.

Avancer n’est pas s’obstiner

Il reste pourtant un piège.

Si avancer est présenté comme une valeur en soi, il devient facile de transformer la persévérance en obligation.

Continuer.

Toujours.

Quoi qu’il arrive.

Mais avancer ne signifie pas nécessairement continuer exactement de la même manière.

Certains objectifs deviennent inaccessibles.

D’autres perdent leur sens.

Les circonstances changent.

Nous changeons aussi.

Les recherches consacrées à l’ajustement des objectifs montrent que savoir se désengager d’un objectif devenu inaccessible et en investir un autre peut également constituer une réponse adaptée.

Il existe donc une différence entre persévérer et s’obstiner.

Faire une pause n’est pas toujours abandonner.

Changer de méthode n’est pas nécessairement renoncer.

Et changer de direction peut parfois être précisément ce qui permet de continuer à avancer.

L’énergie n’est pas seulement la force avec laquelle nous poursuivons quelque chose. Elle peut aussi apparaître dans notre capacité à réorienter notre mouvement.

Et lorsque l’énergie manque vraiment ?

Il y a enfin une limite essentielle.

Nous ne disposons pas chaque jour des mêmes ressources.

Le sommeil, la fatigue, la charge quotidienne, les contraintes ou simplement les circonstances peuvent modifier notre capacité à agir.

Reconnaître cela n’enlève rien à l’idée d’avancer.

Cela lui évite simplement de devenir une injonction.

Il existe des moments pour commencer.

Des moments pour continuer.

Et aussi des moments où récupérer fait partie de ce dont nous avons besoin.

L’absence d’élan n’est donc pas toujours quelque chose qu’il faudrait vaincre.

Parfois, avant de repartir, il faut pouvoir s’arrêter.

AK ENERGY : l’énergie n’est pas toujours spectaculaire

C’est autour de cette idée qu’est né le nom AK ENERGY.

Pas de l’idée qu’il faudrait être constamment plein d’énergie.

Ni de celle qu’avancer signifierait toujours aller plus vite, plus loin ou dépasser ses limites.

La collection part d’une image beaucoup plus quotidienne.

Il y a les jours où l’élan est là.

Et ceux où il faut aller le chercher un peu plus loin.

AK ENERGY s’inscrit dans ce quotidien-là : celui des journées qui commencent, avancent, ralentissent parfois, puis repartent.

La collection traduit cette idée à travers des pièces lifestyle pensées pour accompagner le quotidien, avec une identité visuelle directe et une présence graphique assumée.

L’énergie peut alors se trouver dans une décision déjà prise.

Dans une habitude.

Dans quelque chose qui compte.

Dans une personne.

Dans ce que nous avons construit autour de nous.

Ou parfois simplement dans ce premier geste qui remet quelque chose en mouvement.

L’énergie n’est pas toujours spectaculaire.

Elle ne ressemble pas nécessairement à un exploit.

Elle ne fait pas toujours de bruit.

Et elle ne nous conduit pas forcément tout droit.

Parfois, elle nous fait continuer.

Parfois, elle nous fait recommencer.

Parfois, elle nous fait changer de direction.

Et parfois, elle commence simplement par un mouvement.

D’où vient l’énergie qui nous fait avancer ?

Peut-être qu’elle n’a jamais une seule origine.

BE WHO YOU ARE
— Magazine AMIRAL KASUAL

RÉFÉRENCES

Peter M. Gollwitzer & Paschal Sheeran (2006) — Implementation Intentions and Goal Achievement: A Meta-analysis of Effects and Processes.

Wendy Wood & Dennis Rünger (2016) — Psychology of Habit, Annual Review of Psychology, vol. 67.

Richard M. Ryan & Edward L. Deci (2000) — Self-Determination Theory and the Facilitation of Intrinsic Motivation, Social Development, and Well-Being, American Psychologist, vol. 55, no 1.

Carsten Wrosch, Michael F. Scheier, Gregory E. Miller, Richard Schulz & Charles S. Carver (2003) — Adaptive Self-Regulation of Unattainable Goals: Goal Disengagement, Goal Reengagement, and Subjective Well-Being, Personality and Social Psychology Bulletin, vol. 29, no 12.